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Publié le 20 Décembre 2016

Je ne sais pas pour vous, mais parfois, c'est lancinant comme une douleur dentaire qui un jour se transforme en rage. Hier ? Demain ? Pour moi, c'est aujourd'hui, et ce n'est pas la première fois.

Je ne sais pas pour vous, mais parfois, c'est lancinant comme une douleur dentaire qui un jour se transforme en rage. Hier ? Demain ? Pour moi, c'est aujourd'hui, et ce n'est pas la première fois.

À vingt ans, on tolère les remarques phallocrates sur le lieu de travail, si proches de celles qui accompagnent nos pas dans le métro ou dans la rue depuis qu'on a douze ans. On apprend depuis des années à passer - outre ou pas, d'ailleurs - mais à passer dans tous les cas, dans la joie et la bonne humeur parce qu'on est légères et sympas, quitte à montrer les dents, ou à laisser des plumes au passage. Question de chance.

À trente ans, on a appris à doser. On maîtrise le jeu de la douche écossaise, on tacle de temps en temps histoire de rappeler qu'on peut se fâcher, et on sourit pour faire passer la pilule, voire faire avancer ou glisser la mule. Le principe de l'âne et de la carotte est le plus vieux jeu de dupes du monde. Reste à savoir qui sert de monture à l'autre, et qui se fait avoir.

À quarante ans, par contre, on a perdu patience. Mais au-dessus, ou à côté, voire en dessous, ils sont encore là, portés par leur devise : "phallocrate un jour, phallocrate toujours". Bien englués dans leurs représentations du monde, ils sévissent, placent la remarque physique en premier lieu et le soupçon d'incapacité rationnelle en second - même quand on estime avoir passé l'âge de se faire traiter de potiche et que cerveau comme boulot ont fait leurs preuves, bien au-delà souvent de ce que ces phallocrates imperturbables ont eux-mêmes produit.

Pas de généralisation, juste une remarque

Si Trump "attrape les femmes par la chatte" et s'en tire à si bon compte, son plébiscite n'autorise-t-il pas le plus modeste des machos à poursuivre sur sa lancée ? L'allusion salace se porte encore bien dans la rue et dans certains milieux où les relations se pensent en termes de jeux de pouvoir et de domination ; chacun se reconnaît dans ce fantasme et le partage avec délectation. Dans d'autres, heureusement, on a passé le cap de la phallocratie pour un système de collaboration équilibré où le respect mutuel occupe une vraie place. 

Sur le plan professionnel, j'ai la chance de ne croiser de phallocrates que dans un univers confiné où l'enveloppe craque pour révéler une nature précieuse : que ce soit en coaching ou en storytelling, la résilience est mon business, tout comme l'accompagnement vers le respect et la bienveillance envers soi et envers les autres.

Certaines femmes n'ont pas cette chance

Ces femmes, je les reçois en état de stress ou de pré-burn out. Elles ont toutes la tête bien faite. Le corps aussi, évidemment, mais cela ne me regarde pas. Ce que je regarde, ce sont leurs gestes. Ces larmes qu'on écarte, ces paroles qu'on étrangle en se serrant instinctivement le cou. Ce repli, cet étouffement alors qu'elles ont tant de talent, c'est le reflet d'un renoncement. Avec ce qu'elles me confient, j'écoute leurs voix qui en disent tant au-delà des mots sur les états physiques et mentaux dans lesquels elles se trouvent. J'écoute les termes qu'elles emploient, les freins qu'elles se posent et les souffrances qu'elles expriment partiellement. Quand elles arrivent dans cet état, c'est souvent une histoire de jeux de pouvoir dans lequel elles sont entrées, consciemment ou non, mais dans lequel elles se sentent autant niées que bridées.

Phallocratie et choc des systèmes de valeurs ?

Dans certains secteurs, phallocratie rime avec bureaucratie, ce monde rigide et sans grand risque économique où les femmes se heurtent à l'autoritarisme bureaucrate et à la domination phallocrate. Dans d'autres secteurs à gouvernance très masculine, la remarque virile se teinte d'une tonalité plus tenace, où les gestes soulignent la parole au bistrot comme au boulot. Pour peu que la femme adhère au même système de représentation sociétal, le harcèlement prend racine dans ce besoin de plaire inculqué dès l'enfance.

Quel que soit le lieu, pour les femmes qui sont passées à un mode de fonctionnement plus moderne, l'émergence d'un comportement phallocrate heurte ou révolte autant qu'il laisse sans voix. Beaucoup de femmes parlent de sidération.

La remise en cause de l'intelligence rationnelle est d'autant plus mal vécue qu'elle s'opère dès lors que la femme la conjugue avec cette intelligence émotionnelle pourtant si essentielle à toute négociation. Ces messieurs et leurs affiliées y identifient un signe de fragilité évident qui justifie à soi seul tout refus de promotion, alors même que c'est leur rigidité d'esprit qui empêche toutes les avancées.

Première proposition : la phallocratie comme survivance d'un système de valeurs dépassé

Considérons que derrière tout comportement, fût-il phallocrate, il y a une intention positive. 

Ce qui entre en jeu, c'est encore une fois un comportement très codifié qui se comprend par son auteur et par ses pairs comme un signe d'appartenance à un monde commun. Ce monde est aussi reconnu par nombre de femmes qui se conforment à ses préceptes. La phallocratie, dès lors, serait-elle une forme de savoir être, certes inadaptée à l'interlocutrice moderne et au contexte de 2017 - mais du savoir-être tout de même ? On retrouve ce décalage de systèmes de représentation du monde, déjà décrits dans cette présentation du modèle de la Spirale Dynamique de Clare Graves, qui incite à favoriser une vision plus intégrative pour accepter les différences des autres et pour permettre un accompagnement progressif de chacun afin qu'il puisse intégrer un mode de fonctionnement plus adapté au contexte dans lequel il évolue.

Prenons le phallocrate avec sa représentation du monde, dans sa globalité, et confrontons-le en douceur aux exigences de son environnement.

Seconde proposition : les comportements au travail à envisager comme des versions successives de kit Soft Skills

Considérons que le kit Soft Skills 1.0 serait l'ensemble des compétences douces des durs à cuire des temps jadis et des femmes qui s'y conforment. Tout un concept... C'est un peu comme si certains fonctionnaient encore avec le minitel en 2017, et qu'ils tentaient de communiquer  avec des interlocuteurs nés après la mort de cet appareil.

Troisième proposition : l'évolution est possible

Comme nous sommes de nature optimiste, nous allons partir du principe que ces hommes peuvent réussir leur métamorphose Soft Skills en apprenant à fonctionner avec quelques nouveaux codes : les codes Soft Skills 2.0, déjà dépassés, mais qui recouvrent le savoir être des années 90, avant de tester les codes qui accompagneront les années à venir ?

Comment enclencher la métamorphose ?

Tout dépend de la personne concernée et de son système de valeurs. Je vous propose aujourd'hui une interprétation possible de la situation, qui s'appuie pour partie sur le modèle développé par Clare Graves : la Spirale Dynamique

La phallocratie serait une compétence comportementale héritée des systèmes de valeur obsolètes au regard d'une partie toujours plus nombreuse de la population.

Si l'on en croit le modèle de Spirale Dynamique de Clare Graves, il serait plus facile d'accompagner la transformation des comportements au sein du même "niveau d'existence" que de changer de niveau. Les systèmes phallocrates se retrouvent essentiellement aux niveaux violet (tribal) et rouge (égocentrique), où la domination masculine affirmée joue un rôle essentiel. À un niveau bleu (normatif), l'affirmation du pouvoir repose plus sur une adhésion collective à une "Vérité ultime" (religieuse, politique, mission...) et dans une bien moindre mesure sur une affirmation phallocratique, même si les postes de pouvoir restent bien majoritairement occupés par des hommes, et que certains trouvent une satisfaction facile à l'exercice de ce pouvoir dans un comportement phallocratique qu'on retrouve jusque chez les députés. Rien pourtant, dans le fonctionnement du système n'implique l'adhésion à cette domination sexuée, si ce n'est la satisfaction facile d'un désir de pouvoir. 

Au niveau orange, l'individualisme rationnel ne repose pas obligatoirement sur un fonctionnement phallocrate, même si dans la satisfaction personnelle tant recherchée par l'individu "winner" peut passer par l'écrasement d'une "looseuse" exploitable. La phallocratie, par contre, disparaît complètement au niveau vert relativiste et collaboratif, puisqu'elles est en opposition avec les valeur égalitaristes qui y prédominent.

Au niveau bleu et orange, la phallocratie n'est donc pas une fatalité et peut être véritablement transformée en un comportement respectueux de tous.

Les Soft Skills attendues en 2017 sont le reflet du nouveau système de valeurs en passe de devenir dominant dans notre société

Si autrefois il était de bon ton d'afficher une détermination virile (rouge) - voire condescendante - et une autorité forte (niveaux rouge et bleu), ces comportements génèrent un rejet auprès d'une population féminine toujours plus nombreuse et une part non négligeable des jeunes générations. Les Soft Skills (celles que j'appelle les Soft Skills 3.0) présentées aujourd'hui comme les comportements attendus en 2017 sont elles représentatives :

  • du niveaux orange (individualiste rationnel pour les Soft Skills comme l'esprit d'entreprendre, l'audace, la motivation et la prise de décision)
  • du niveaux verts (relationnel relativiste pour les Soft Skills comme la créativité, la confiance, l'intelligence émotionnelle, la prise de recul, la gestion du temps, la gestion du stress, la souplesse cognitive, l'intuition, la négociation, la conscience, la synergie ou coordination, la gestion d'équipe, le non jugement, l'empathie, et la présence)
  • et du niveau jaune (adaptatif systémique pour la visualisation)

Les Soft Skills 3.0 sont donc en opposition avec les valeurs des systèmes "bleus" traditionnels très implantés en France notamment, et sont totalement incompatibles avec les "rouges". 

On ne peut pas attendre de quelqu'un d'éminemment normatif - donc très attaché à une structure hiérarchique et statutaire (niveau bleu, très partagé dans les grandes administrations et les grandes entreprises) - qu'il adopte sans accompagnement important un mode de fonctionnement entrepreneurial ou collaboratif, à moins qu'il n'y trouve un intérêt personnel profond. Le changement de système de valeur ne se décrète pas. Au mieux, il s'accompagne, car cette transformation majeure implique une crise personnelle forte.

Cette personne peut par contre adopter aisément des valeurs de surface en accord avec les nouveaux codes de travail qui se rapprochent des Soft Skills attendues aujourd'hui et se détacher des modes de fonctionnement de type "rouge" conservés par convention sociale jusqu'à aujourd'hui et qui ne correspondent pas à se valeurs profondes. L'intérêt pour lui sera évident. Dans un système normatif de type bleu, cela passe par le règlement intérieur, la mobilisation en cascade des niveaux hiérarchiques et la sanction. Une évolution implique donc une volonté forte d'imposer une autre règle de comportement - ce qui n'est pas toujours le cas, surtout dans les milieux où le goût du pouvoir prédomine. Nombre de fonctionnaires et d'employés sont près à accompagner le changement, puisqu'une grande majorité d'entre eux n'adhère plus profondément à ce mode de fonctionnement phallocrate, mais ce n'est pas toujours le cas d'une partie de la hiérarchie.

La métamorphose des phallocrates, l'affaire de tous

Sur ce plan, nombre d'entreprises ont compris à quel point il était urgent de s'inscrire dans le mouvement de métamorphose du savoir-être de ses recruteurs, de ses manageurs et de ses salariés pour pouvoir rester aussi attractifs qu'efficients et attirer une jeune génération qui rejette les fonctionnements traditionnels. Le mode autocratique a vécu.

Les codes ont évolué, mais pas toutes les mentalités. Il existe un phallocrate en chacun de nous et nous devons l'aider à se métamorphoser.

Même dans l'accompagnement des Soft Skills, il faut interroger une première conviction tenace aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Dans le cadre de la prise de parole en public, dans le cadre d'une négociation, le charisme ne se situe surtout pas au niveau de la séduction. On ne séduit pas son public, son collègue ou son client : on le convainc, par ses capacités - techniques et humaines, sa personnalité, sa motivation et sa vision.

Ce n'est qu'un exemple, mais il est éclairant : pour renoncer à la séduction professionnelle, il faut avoir suffisamment confiance en soi pour oser être aligné, et s'appuyer sur son empathie, puis affirmer son esprit d'entreprendre comme sa capacité à coordonner et à trancher. Pour certains, c'est une évidences. pour d'autres, c'est un changement progressif qui se mettra d'autant en plus facilement en place que cette transformation sera rendue indispensable par l'environnement. Pour tous, si la formation et la communication sont fondamentales, la mise en pratique régulière permet à chacun d'incarner en toute confiance, et dans la mesure de ses attentes, ces nouveaux codes du travail qui portent l'espoir d'une société agile et collaborative.

Les Soft Skills 3.0, vous les connaissez. Maintenant, homme ou femme, c'est à nous de jouer.

 

à bientôt,

 

Cécile Dupire

Coach Professionnelle Certifiée, Accréditée ACC par l'ICF

Praticienne MBTI

www.ubiquites.fr - cecile.dupire@ubiquites.fr

www.coachingstorytelling.fr

 

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Publié le 9 Décembre 2016

Lire entre les lignes des différents modèles de représentation du monde.

Lire entre les lignes des différents modèles de représentation du monde.

Vous arrive-t-il parfois, dans vos échanges, de vous crisper tandis qu'une certitude s'impose : avec ces interlocuteurs, vous ne partagez pas les mêmes valeurs ?

Vous maîtrisez déjà les techniques de gestion de conflit. Vous pratiquez sans doute la communication non violente. Mais connaissez-vous la Spirale Dynamique ? Cette grille d'analyse vous permettra d'identifier votre système de valeurs et celui de ceux qui vous entourent. À vous ensuite de l'utiliser comme outil de management ou de conduite du changement et de trouver les arguments propres à rétablir un dialogue de qualité.

Spirale Dynamique : qu'est-ce que c'est ?

Le modèle de la Spirale Dynamique conçu par Clare Graves dans les années 1960 et popularisé par son collaborateur Don Beck est un modèle de compréhension des systèmes de valeurs et de leur évolution tant sur le plan individuel que sur le plan collectif. Don Beck a notamment souligné les possibilités d'évolution d'un groupe ou d'un individu en fonction de sa position initiale, et attribué la codification couleur que nous utilisons aujourd'hui.

Spirale Dynamique : un modèle qui a fait ses preuves...

... auprès des grands : très investi dans l'accompagnement de la sortie de l'Apartheid, Don Beck a notamment utilisé ce modèle pour aider à la transformation des rapports politiques en Afrique du Sud avant que la situation ne retombe entre les mains de personnalités moins visionnaires. Ce modèle a inspiré Nelson Mandela, c'est en soi une référence solide. Manifestement, il en a d'autres. C'est un outil essentiel en diplomatie, qui apporte des clés d'analyse géopolitique efficaces. Il trouve largement sa place en entreprise comme outil de management et de conduite du changement.

... et auprès des moins grands : en tant que coach, le modèle de la Spirale Dynamique est un outil précieux qui complète la boîte à outils de l'accompagnant respectueux du système de valeur et de la personnalité de celui qu'il accompagne.

Plus généralement, avec ce modèle : 

  • Appréhendez votre propre mode de fonctionnement et renforcez votre self-esteem
  • Optimisez votre communication en vous adaptant aux personnes et au contexte
  • Développez votre leadership et renforcez votre management en créant une culture commune touchant les différentes représentations du monde.
  • Fluidifiez les interactions dans votre entreprise et optimisez son organisation
  • Accompagnez le changement en définissant pour chacun des stratégies spécifiques
  • Comprenez les motivations des autres
  • Réjouissez-vous de la richesse apportée par la diversité des points de vue

Spirale dynamique - une structure holarchique et évolutive des représentations du monde

Lors de son développement, un individu ou une organisation intègre de nouvelles représentations du monde toujours plus complexes dans une spirale dynamique évolutive et sans limite. Ces représentations du monde, qui émergeraient lorsque l'évolution des conditions de vie le rendraient nécessaire, seraient des "niveaux d'existence" structurant la façon de penser de la personne ou du groupe. Aujourd'hui, huit niveaux d'existence coexisteraient dans notre société en cours de complexification rapide, et tous engloberaient et transcenderaient dans une structure holarchique les niveaux d'existence précédents. Pas de hiérarchie, donc, dans les niveaux d'existence, puisque tous permettraient à l'homme et à l'organisation de penser le monde, mais une adaptation différente aux conditions de vie, qui pourrait engendrer des tensions internes et externes lorsque le niveau d'existence ne serait plus en phase avec le contexte.

Optez pour la stratégie intégrative avec la Spirale Dynamique

Ainsi : 

  • Le niveau beige correspond à la survie, à l'expression automatique de soi en fonction du contexte et des impératifs physiologiques. Pas de système de valeur conscient. Seules les personnes en situation de danger et de précarité extrême peuvent se retrouver à ce niveau d'existence qui se manifeste d'un point de vue collectif par l'appartenance opportuniste à une horde. Chez l'enfant, ce niveau d'existence est celui du nourrisson.
  • Le niveau violet correspond au sacrifice de soi aux us et coutumes des ancêtres. L'organisation est tribale, le monde est terrifiant et la sécurité de l'individu est garantie par le respect des coutumes. La pensée animiste et magique prédomine. Les valeurs sont le respect de la tradition et la sécurité. Chez l'enfant, ce niveau d'existence est satisfait par les contes.
  • Le niveau rouge correspond à la loi de la jungle, l'expression de soi et de la satisfaction immédiate de ses pulsions. La pensée est égocentrique, les valeurs sont celles du pouvoir et de l'exploitation de l'autre. Chez l'enfant, ce stade correspond à l'âge des colères et du "non"
  • Le niveau bleu est celui de l'ordre, de la pensée absolutiste et de la soumission à une Vérité Supérieure, que ce soit une pensée politique en "isme", une mission assurée dans une structure ultra hiérarchique ou une religion. Chacun est à sa place et sera récompensé en contrôlant ses impulsions et en vivant en accord avec les lois de la Vérité Supérieure. Les valeurs sont le sacrifice et le salut. Chez l'enfant, ce stade correspond à la phase moralisatrice, cette phase merveilleuse où ils vous rappellent la règle chaque fois que vous traversez en dehors des clous ou que vous prononcez un juron. Le niveau bleu est incarné par les grandes administrations publiques ou semi publiques et leurs ressortissants, ainsi que par les personnes suivant les préceptes d'une religion ou d'une idéologie établie.
  • Le niveau orange est celui de la quête ultra-libérale du succès et de la satisfaction personnelle, mais toujours de manière pragmatique et positive afin de ne pas déclencher de représailles. Les valeurs sont le matérialisme et le scientisme. C'est la période de l'adolescence. Il est aussi incarné par la génération 68, le loup de wall street, les requins de la finance, les commerciaux décomplexés et le libéralisme triomphant.
  • Le niveau vert est celui du relativisme consensuel, de l'apaisement et de l'harmonie. Égalitaire et écologique au sens où le monde est considéré comme l'habitat de l'humanité qu'il faut collectivement protéger, ce niveau prône les valeurs de sociocentrisme et de communauté. C'est celui des carpes pseudo-éclairées
  • Le niveau jaune est celui de le pensée systémique, de l'expression de soi et de la prise de responsabilité vis-à-vis des autres. L'homme "jaune" intègre que tous les niveaux de pensée apportent quelque chose de positif au système et qu'ils peuvent fonctionner en synergie. Ses valeurs sont celles du dauphin, de l'acceptation de ce qui est, de la complexité et de l'existence.
  • Le niveau turquoise est celui de la pensée holistique qui aborde le monde comme un réseau de composants interdépendants compris dans leur globalité organique. À ce niveau, les actions humaines sont entreprises au service de l'avenir de la vie sur terre, même si pour cela, le sacrifice de soi et des autres est indispensable. Les valeurs sont celles de la communion et de l'expérimentation. 

 

Des clés d'analyse en plus...

... pour analyser le désengagement politique de la génération Y

Et ce n'est pas fini... on nous annonce du Corail, et d'autres niveaux encore plus complexes auxquels les générations qui nous suivent vont être confrontées rapidement. Le monde évolue plus vite, et les jeunes générations se positionnent à un niveau plus haut que ceux mis en avant par les politiques et brigués par les aînés. En cela, la génération Y se heurte à un contexte économique et politique où le modèle encore dominant est bleu ou orange, alors même qu'ils s'épanouissent dans le vert. 

Pourtant, l'émergence des pratiques de co-développement et les expériences d'entreprises libérées ou de coopératives telles que "La Louve", marquent une évolution dans laquelle s'inscrivent les trentenaires engagés dans le collectif, mais qui votent blanc et sont résolument verts. Incarnation des Carpes Pseudo Éclairées décrites par Dudley Lynch et Paul L. Kordis, ils privilégient la relation à l'objectif, l'ouverture du champ des possibles et la résolution naturelle par l'intelligence collective.

Leur engagement est réel, mais hors champ politique et économique traditionnel, car porté par des valeurs consensuelles ou écologiques qui tranchent avec les débats officiels. Hors champ du pouvoir, ils débattent de tout et souvent ne résolvent rien. C'est un problèmes récurrent des organisations vertes, souvent trop consensuelles pour oser trancher dans le vif et oser mettre en place de véritables stratégies innovantes qui fassent véritablement bouger les lignes. L'engagement est collectif et s'exprime dans la préservation de la relation et dans le lâcher-prise.

...et la persistance de valeurs dominantes de moins appropriées au contexte

Dans nos contrées, trois logiques incompatibles s'affrontent : le bleu (étatique, normatif, hiérarchique et nationaliste, très français aussi dans notre approche de l'économie, de l'éducation et de la politique), l'orange (libéral, démocratique, individualiste et entrepreneurial - très anglo-saxon) et le vert (socio-démocrate et écologiste - plus proche des modèles des pays du nord), sans parvenir à intégrer les points de vue.

Pour chaque débat sociétal, les points de vue se crispent, les positions se durcissent, et les seniors finissent par voter l'avenir des jeunes en accord avec leurs convictions personnelles. Le pouvoir aux aînés, n'est-ce pas une valeur violette ?  

Côté rouge, il y a naturellement les gangs. Notons aussi les djihadistes, qui détournent une religion (bleue) pour satisfaire leur soif personnelle de violence et de pouvoir. Ils ne sont pas les seuls. On compterait aujourd'hui 20% de la population mondiale pour le rouge, contre 10% pour le violet, 40% pour le bleu, 15% pour le vert et 1% pour le jaune. Le beige serait dans l'épaisseur du trait, mais évidemment présent en chacun de nous.

Alors que faudrait-il pour avancer en synergie et valoriser cette belle diversité ?

Passer à une vision jaune intégrative et intégrale

Pour concilier les points de vue, et intégrer les forces de chacun des niveaux dans leur complexité, ce serait aux jaunes d'agir.

Certains X sont jaunes, et les Y jaunes sont un peu plus nombreux. Mais on sait que l'essentiel des troupes proviendra de la génération Z. Ils seront peut-être capables d'incarner ce rôle : ouverts, multi-tâches et adaptables, souhaitons qu'ils réussissent l'intégration, exactement là où leurs parents, formateurs et manageurs - fussent-ils "jaunes" - échouent encore. Ils sauraient alors offrir à tous une vision commune qui mobiliserait en chacun de nous les niveaux que nous avons expérimentés, car ceux-ci, loin de s'éliminer, s'intègrent et se transcendent.

L'objectif de toute vision commune galvanisante serait de faire coopérer tous les niveaux qui coexistent en chacun de nous, et de conférer ainsi à tous un rôle actif de citoyen du monde. Dans cette optique, ces visionnaires intègreraient : 

  • Le beige en pourvoyant aux besoins humains fondamentaux
  • Le violet en forgeant des mythes communs que tous pourraient adopter
  • Le rouge en réorientant la force et l'énergie au service de l'enthousiasme
  • Le bleu en instaurant un système organisationnel robuste garant de l'éthique
  • L'orange en valorisant la créativité et l'entreprenariat au service de l'économie
  • Le vert en valorisant l'intelligence collective, le co-développement et la sauvegarde de l'environnement
  • Et le jaune, enfin, en poussant à l'initiative individuelle et collective en vue d'intégrer un projet commun.

Ce serait en privilégiant uniquement l'orange et le bleu, et en négligeant totalement les niveaux d'existence précédents et futurs, que l'échec de l'Europe pourrait aussi se lire. Pour construire une vision commune, il faudra que ces visionnaires posent des défis rouges à la part de rouge qui est en nous, des cadres bleus à notre part bleue, des incitations orange à notre part orange et des arguments verts à notre part verte. Il faudrait aussi proposer des mythes fédérateurs et des célébrations violets, ainsi que la reconnaissance des besoins vitaux de chacun.

... avec les SOFT SKILLS

Au quotidien, il leur faudrait penser "synergie", "systémique", "coopération en équipe", "stratégie du dauphin", "flexibilité", "agilité", "créativité", "intelligence relationnelle", "empathie", "concentration", "innovation", "confiance", "analyse" et "optimisme". En deux mots : "SOFT SKILLS", ces compétences douces qu'on commence à leur enseigner dans les grandes écoles en sus des humanités et des compétences techniques indispensables qui feront d'eux les hommes et les femmes de demain.

Savoir être et non plus seulement savoir et savoir faire, tel serait le secret de ceux qui pourront mettre en oeuvre des solutions innovantes et intégratives. 

La Spirale Dynamique : en savoir plus.

Pour en savoir plus, je vous invite à lire le livre La Spirale Dynamique - Comprendre comment les hommes s'organisent et pourquoi ils changent de Patricia et Fabien Chabreuil

 

 

 

 

À bientôt, 

 

Cécile Dupire

Coach Professionnelle Certifiée, Accréditée ACC par l'ICF

Praticienne MBTI

www.ubiquites.fr

www.coachingstorytelling.fr

cecile.dupire@ubiquites.fr

 

 

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Publié le 17 Novembre 2016

Urgent ? Important ? Enjeu relationnel ou objectif individuel ? Lorsqu'il y a baleine sous graviers, adoptez la stratégie du dauphin jaune

Urgent ? Important ? Enjeu relationnel ou objectif individuel ? Lorsqu'il y a baleine sous graviers, adoptez la stratégie du dauphin jaune

Au menu du jour, un outil décisionnel simple pour développer des stratégies individuelles et collectives qui intègrent comme critères l'urgence de la situation, l'importance de l'enjeu sur le plan individuel et collectif et celle de la relation entretenue avec l'interlocuteur.

Comment ?

C'est hyper simple. 

Vous vous souvenez des carpes, carpes pseudo éclairées, requins et dauphins de mon dernier article ? Je vous y présentais les bases de la stratégie du dauphin développée par Dudley Lynch et Paul L. Kordis.

La métaphore est simple et l'outil décisionnel qui en découle est efficient. 

Ce n'est pas à dessein que je heurte aujourd'hui votre sens esthétique, mais le temps et le talent me manquaient pour illustrer par un schéma la pensée des auteurs de la stratégie du dauphin. Je vous propose aujourd'hui une immersion en deux temps.

Palier 1 : visualiser la répartition des types de comportements.

En bas du bocal, les carpes, décrites comme des victimes n'entrant pas dans le jeu et pratiquant une stratégie de désengagement qui les obligent à se concentrer sur le non urgent et le non important tout en subissant des contraintes fortes imposées par les décideurs et les forces actives en présence.

Les requins, à gauche du bocal, seraient animés d'un sentiment d'urgence les poussant à atteindre des objectifs de réalisation individuelle. Ils appliqueraient la stratégie de la mainmise et dépouilleraient les plus petits, qu'ils soient carpes ou requins - ne se résolvant à chercher une alliance de circonstance que lorsque les gros requins régnant sur le bassin mettraient leur avenir en danger. Le champ des possibles serait aussi restreint que dans la représentation adoptée par les carpes, mais avec un point de vue carnassier.

Les carpes pseudo éclairées, lassées de cette vie trop individualiste, prôneraient le lâcher-prise et la résolution naturelle par l'intelligence collective. Le champ des possibles s'étendrait, et son approche serait soutenue par le développement personnel et le destin.

Les dauphins, enfin, appliquent la stratégie du Tac au tac - je donne 100%, mais sanctionne à 90% si la collaboration n'est pas effectivement suivie par mon partenaire, puis lui redonne une chance de s'investir à 100% - afin d'assurer "une victoire élégante pour chacun de nous". Pragmatiques et visionnaires, ils oscillent entre le niveau jaune (individualiste) et le niveau turquoise (collectif) de la spirale dynamique de Clare Graves, se maintenant au point d'équilibre de la défense de ses intérêts propres et de celui du groupe.

Palier 2 : Transformer cette métaphore aquatique et animalière en UN VERITABLE OUTIL DÉCISIONNEL

Explicitation rapide du schéma et de ses références théoriques

Pour sortir enfin joyeusement la tête de l'eau, appliquez le système décisionnel présenté ci-contre dans le plus pur style pompier - il permet de faire la liaison entre la matrice d'Eisenhower d'une part et l'arbitrage entre l'objectif de réalisation et la préservation de l'équipe.

La zone rouge représente l'urgence, la zone jaune les enjeux importants, et la zone blanche les enjeux non importants.

À gauche, le collectif sera sacrifié au profit de l'individuel. 

À droite, l'individuel sera sacrifié au profit du collectif.

On retrouve une fois encore le schéma classique utilisé dans la spirale dynamique, les carpes représentant majoritairement un niveau violet et surtout bleu avec quelques passages rares et rapides en rouge, lorsque le triangle dramatique se met en oeuvre. Les requins incarnent ici le niveau libéral orange, et les carpes pseudo éclairées le vert, niveau relativiste, collectif, écologiste et consensuel.  

Comment l'utiliser pour remonter et sortir la tête de l'eau ?

  • Si l'enjeu et la relation ne sont ni urgents, ni importants, adoptez le style de la carpe : désengagez-vous et concentrez-vous sur des enjeux plus fondamentaux !
  • Si l'enjeu est urgent et plus important pour vous que la relation, devenez un requin, agissez rapidement !
  • Si l'enjeu est urgent, et que celui-ci est aussi important que la relation, cherchez un compromis avec la personne concernée. Chacun fera l'effort, et vous serez restés en bons termes tout en résolvant au mieux la situation.
  • Si l'enjeu est urgent et que la relation est essentielle pour vous, lâchez prise sur les décisions de l'autre.
  • Et si enfin l'enjeu est important et non urgent, adoptez la stratégie du dauphin et repoussez les limites grâce à votre synergie : vous renforcerez la relation tout en valorisant le développement de chacun et la collaboration créative.

 

Serez-vous agile, réactif, coopératif et ambitieux pour vous et pour pour les autres ?

 

À bientôt, 

 

Cécile Dupire

Coach Professionnelle Certifiée, Accréditée ACC par l'ICF

Praticienne MBTI

www.ubiquites.fr - cecile.dupire@ubiquites.fr

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Publié le 15 Novembre 2016

Êtes-vous plutôt carpe, carpe koï, requin ou dauphin ?

Êtes-vous plutôt carpe, carpe koï, requin ou dauphin ?

Bienvenue dans notre visite aquatique du coaching bref orienté exploration.

Au rayon des clichés du coaching, prenons l'image du BOCAL.

Telle une piscine à débordement qui donnerait sur la mer, notre bocal serait notre prison mentale qui nous maintiendrait en zone de confort, nous empêchant d'explorer véritablement le champ des possibles et au-delà, la zone de magie. Les injonctions sont claires : pour un avenir meilleur, "Get out the box !"

OK, mais quel est votre projet ?

 

Quelles sont les chances de survie de Bubulle, l'explorateur du champ des possibles ?

Quelles sont les chances de survie de Bubulle, l'explorateur du champ des possibles ?

Tout est question de vision et de stratégie.

Prenons l'exemple de Bubulle, un poisson rouge intrépide. Lassé des commérages de ses congénères, Bubulle vient de faire le grand saut, comme d'autres peuvent parfois claquer la porte, démissionner sur un coup de tête ou prendre le premier train pour Maubeuge en quête d'un avenir meilleur.

Pour l'heure, il plane, soulagé d'avoir quitté ce bocal trop étroit. Mais où va-t-il atterrir ? Comment a-t-il préparé son projet, peut-il réussir seul ou ne devrait-il pas compter sur l'intelligence collective ?

Paru dans les années 1990, le livre de Dudley Lynch et de Paul L.Kordis, La stratégie du dauphin, remporta un succès colossal et influença les pratiques de management en valorisant la mise en oeuvre de stratégies collaboratives exigeantes et élégantes qui visent à repousser les frontières du possible, pour permettre à tous ceux qui travaillent ensemble de façon souple et volontaire de s'inscrire avec succès dans les vagues toujours plus rapprochées et plus fortes du changement.

Dudley Lynch et Paul L. Kordis, formés aux Spirales dynamiques proposent via leur métaphore de distinguer différents systèmes de fonctionnement :

  • Les carpes
  • Les requins
  • et les dauphins.

 

Les carpes, convaincues de vivre dans un monde de pénurie et certaines de ne pas disposer des ressources pour gagner, restent hors du jeu : elles veulent éviter de perdre, afin que la situation, qui ne saurait s'améliorer, ne se dégrade simplement pas trop. Pour éviter l'échec, la responsabilité et l'apprentissage qui en découleraient, elles choisissent de se sacrifier et pratiquent une stratégie de désengagement qui les empêche d'apporter une quelconque contribution positive et d'exploiter ainsi un effet de levier efficace. Dans le triangle dramatique de Karpman, les carpes errent dans la zone des victimes impuissantes soumises aux agressions des requins. Co-dépendantes, elles jouent aussi occasionnellement le rôle du sauveur, jusqu'à ce que la personne prétendument sauvée, et ulcérée d'avoir été perçue comme incompétente, se retourne contre elles et les rendent à leur statut de victimes au bon coeur.

Les requins, convaincus eux aussi de vivre dans un monde de pénurie, jouent tous comme les carpes à des jeux finis, mais évoluent entre deux eaux. Ils sont déterminés à piller les petites carpes du fond du bassin et les les petits requins qui n'ont fait leurs preuves. Ils ne s'associent à leurs congénères qu'en dernier recours, lorsqu'ils ne peuvent pas les vaincre. Chantres inlassables des bienfaits de la compétition, ils pratiquent l'arnaque avec art, créent la confusion, manient le déni, sniffent leur dose de narcissisme et enfument à tour de bras. Surtout, le requin veut tout contrôler, et afin de forcer carpes et petits requins à entrer dans son jeu, il crée artificiellement des crises au détriment de son authenticité et de ses émotions. Toute ressemblance avec des personnes de votre environnement professionnel existant ou ayant existé serait purement fortuite. C'est l'avantage de la métaphore filée en contexte aqueux.

Avec les prédateurs, persécuteurs classiques du triangle dramatique, la stratégie de la Mainmise est un must, mais qui ne peut être maintenue durablement : une fois les carpes écaillées et les autres requins épuisés, les ressources viennent à manquer et les concurrents qui s'approchent s'avèrent parfois très coriaces. 

C'est à ce moment-là que le requin fait évoluer sa stratégie vers un axe défensif : il recherche temporairement le compromis. Même si les requins affirment avoir conclu un marché "gagnant-gagnant", aucun d'entre eux n'est satisfait du résultat et chacun se prépare à remettre en cause le deal.

Le dauphin, pour sa part, considère le bocal d'un autre oeil que ses compagnons. Convaincu que tout est question de choix et d'utilisation des ressources, il s'appuie sur la réalité, tient compte des conséquences de ses actes et souhaite "une victoire élégante et éclatante pour chacun de nous" sans pour autant se laisser bouffer le plancton sur le dos.

Ses règles sont simples : 

  • avoir une vision d'avenir qui influe fortement le présent
  • tirer des leçons du passé
  • chercher toujours la bonne réponse
  • se connaître et utiliser la dynamique du risque et du stress pour progresser
  • faire preuve de souplesse
  • surfer sur une vague et se préparer à surfer sur les suivantes
  • éviter les conflits inutiles
  • privilégier les solutions élégantes
  • adopter les stratégies du désengagement de la carpe pour éviter les situations stériles
  • Inciter à la coopération en donnant 100% quand les autres coopèrent
  • Appliquer des représailles à 90% pour rappeler qui ils sont si les autres ne jouent pas le jeu
  • Pardonner promptement
  • Faire preuve de créativité pour repousser collectivement les frontières du bocal

Cette stratégie de coopération qui s'appuie sur le don et sur les représailles s'appelle la stratégie du Tac au tac. Elle seule permettrait "la Percée".

 

Aujourd'hui, et très spécifiquement pour les femmes, on parle de plafond de verre professionnel - l'image ne l'illustre que parfaitement, mais Starck a fait ce qu'il a pu. 

Seules certaines parviennent à le franchir, et ce souvent à l'aide d'un mentor en place qui ne peut être qu'un homme. On déplore souvent que le comportement de ces winneuses exploseuses de couvercle - ces pionnières qui s'aventurent dans un monde d'hommes créé pour des hommes de jadis - soit proche de celui des requins, spécifiquement vis-à-vis des autres femmes qui tentent de s'inscrire dans leur sillage. Aucune entraide ne se met véritablement en place pour déplacer les frontières.

Aucune ? Si. Car ce qui se dessine actuellement, ce ne sont pas seulement des réseaux de femmes "interdits aux hommes", mais surtout, des réseaux mixtes issus de génération Y, celle qui doit inventer d'autres formes de fonctionnement, et qui vont pouvoir profiter du départ de la génération 68, tandis que la génération intermédiaire, la mienne, celle qu'ils qualifient délicatement de "sacrifiée", se refuse à entrer véritablement dans le jeu. 

L'avenir serait dans cette stratégie du dauphin et dans l'application du "Tac au tac". Seule une coopération souple capable de manier aussi bien l'engagement complet que les représailles et le pardon immédiat, permettrait de pousser ensemble et de surélever progressivement le plafond de verre, jusqu'à, pourquoi pas, le faire disparaître. C'est valable pour le plafond de verre comme pour toute autre cause commune qui mériterait l'engagement individuel et collectif d'une partie de la population décidée à "faire bouger les lignes", histoire de reboucler sur une expression cliché de plus.

D'un aquarium à l'autre

D'un aquarium à l'autre

Et Bubulle dans tout ça ? 

Tout dépend de sa vision de l'avenir et de sa capacité à construire seul un projet qui lui permette de s'épanouir dans son nouvel environnement.

Peut-être cette expérience hors de sa zone de confort lui permettra-t-elle de devenir ce que Dudley Lynch et Paul L. Kordis appellent une "carpe pseudo éclairée", qui croit à l'abondance et à l'immensité du champ des possibles.

Je préfère l'appeler la carpe koï. La carpe koï prône le lâcher-prise, le renoncement et la confiance dans l'univers bienveillant qui pourvoira aux besoins de tous. "Méditation", "renoncement" et "résilience" sont ses maîtres mots. La Carpe Pseudo Éclairée considère que "le chemin est plus important que le résultat", elle "fait confiance au process" et veut "être dans le flux", alors même qu'il convient parfois de quitter le flux pour tracer avec d'autres son propre chemin.

 

Et vous, où vous situez-vous dans le bassin ? Dans quel coloriage pour enfant vous reconnaissez-vous le mieux ? Marin d'eau douce ou d'eau mer, en quel milieu naviguez-vous et comment repoussez-vous votre horizon ?

La question reste entière en cette période de prise de position électorale, où la stratégie de la carpe, fut-elle pseudo éclairée, montre pleinement ses limites.

À bientôt, dans un prochain article qui vous présentera la stratégie du dauphin comme un véritable outil décisionnel à part entière.

Cécile Dupire

Coach Professionnelle Certifiée, Accréditée ACC par l'ICF

Praticienne MBTI

www.ubiquites.fr - cecile.dupire@ubiquites.fr

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Publié le 7 Novembre 2016

Savoir-être ou savoir-faire ?

Savoir-être ou savoir-faire ?

Au jeu de l'agilité et du développement de carrière souple et efficace, miserez-vous sur les compétences douces ou sur les compétences dures ?

Coaching & Storytelling vous propose aujourd'hui de réviser ce que "Soft Skills" veut dire.

Côté pile, les compétences dures. Vous connaissez vos talents et savez les nommer. Formations techniques, expertises, savoirs et savoir-faire : chacun a acquis au cours de ses études et de sa carrière des compétences spécifiées et mesurables. Elles sont totalement objectives. On sait développer en C# ou on ne sait pas, c'est imparable et ça ne s'improvise pas.

Côté face, les compétences douces. Aussi subtiles que l'assertivité, la congruence, l'empathie, la résilience ou la sérendipité, elles soulignent vos qualités humaines, s'entraînent comme vos muscles et entrent en jeu de la même manière. Dans ce cadre, pas de musculation forcée, pas de pilules miracle ni de gonflette. La compétence douce s'acquiert avec le temps, se peaufine, et relève de la discipline personnelle ou du respect de soi comme de l'autre. Après le QI, c'est le grand retour de l'intelligence émotionnelle. Il va falloir vous y mettre.

Si vous êtes étudiant ou lycéen : aujourd'hui, les grandes écoles anticipent les besoins des entreprises et commencent à enseigner la bienveillance, l'écoute active, l'art du feed back et le travail en équipe comme elles enseignent la finance, la chimie, le marketing et la biologie cellulaire. Des départements Soft Skills se sont créés à la GEM (Grenoble École de Management) et au Pôle Léonard de Vinci (La Défense), où le département "Soft Skills et Transversalité" vise à permettre à ses étudiants d'apprendre à apprendre, afin de pouvoir évoluer dans "l'incertitude, la complexité et l'innovation". (Le Monde - 12.10.2016)

Même HEC, qui jusqu'à présent valorisait au cours du grand oral les candidats capables de prendre le contrôle d'une situation - voire de mettre à mort symboliquement leurs adversaires - met aujourd'hui délibérément l'accent sur la bienveillance et la capacité à co-utiliser au mieux les compétences de chacun dans leur dimension complémentaire. Le co-développement, déjà bien implanté dans les entreprises, se fraye un chemin jusque dans les hautes sphères qui forment l'élite de demain. L'avenir s'annonce agile, systémique et synergique. C'est à vous de jouer.

Si vous êtes déjà professionnel et bien décidé à le rester : Demain, nous devrons tous être agiles et ultra-adaptables à un monde en perpétuelle évolution. Vous vous en êtes déjà rendus compte et avez déjà enclenché un programme d'assouplissement des compétences. Vous avez bien raison de miser dès aujourd'hui sur les 20 compétences douces les plus recherchées en entreprise aujourd'hui - en plus de l'autonomie, la flexibilité, la fiabilité, la résistance au stress qui constituent déjà des points forts évidents qu'il convient de développer :

  1. Esprit d'entreprendre
  2. Créativité
  3. Confiance
  4. Intelligence émotionnelle
  5. Prise de recul
  6. Audace
  7. Gestion du temps
  8. Gestion du stress
  9. Souplesse cognitive
  10. Intuition
  11. Négociation
  12. Conscience
  13. Synergie ou coordination
  14. Gestion d'équipe
  15. Non jugement
  16. Empathie
  17. Visualisation
  18. Motivation
  19. Prise de décision
  20. Présence

À compétences dures égales, ce sont les Soft Skills qui font la différence. Alors misez sur le savoir-faire et sur le savoir-être, et travaillez dans un esprit ouvert à la coopération. Cette liste a été mise à jour suite à l'article "20 soft skills indispensables au bureau" paru dans le Journal du Net le 8 décembre 2016.

Pour aller plus loin dans le stretching des soft skills : Vous pouvez identifier les compétences douces qui vous paraissent les plus importantes, afin de les travailler en souplesse, rondeur et douceur. Et surtout, en étant authentique, aligné avec votre personnalité, vos émotions et vos valeurs. Comme pour tout exercice d'assouplissement, tout réside dans l'équilibre, l'harmonie et la respiration.

Petit exercice d'assouplissement de vos compétences douces du jour : 

Quelles sont vos compétences douces ? Comment peuvent-elles renforcer vos compétences dures, et comment pouvez-vous les développer ?

Sur une échelle de 1 à 10, 1 étant le plus bas niveau de compétence douce que vous puissiez obtenir et 10 le plus haut, quel niveau obtiendriez-vous aujourd'hui pour chacune des Soft Skills listées ?

Imaginez maintenant qu'en travaillant une de ces compétences douces, vous pourriez avoir un impact positif sur l'ensemble de vos compétences douces, quelle compétence décideriez-vous aujourd'hui de développer ?

Et quelle pourrait être votre première action ? 

Si vous travaillez chaque jour ces compétences comme des exercices d'assouplissement quotidien, vous diminuerez votre stress et gagnerez en confiance et en joie de vivre.

 

à bientôt,

Cécile Dupire

Coach Professionnelle Certifiée, Accréditée ACC par l'ICF

Praticienne MBTI

www.ubiquites.fr - cecile.dupire@ubiquites.fr

www.coachingstorytelling.fr

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Rédigé par Cécile Dupire - Coaching & Storytelling

Publié dans #Soft Skills, #agilité, #Agile, #coach, #storytelling, #talent

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